Bien associer les plantes, pour une meilleure croissance

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PAR VALERIE MOSTERT

Concevoir des espaces de culture qui augmentent et préservent la diversité des espèces productives, intégrer des espèces qui ne remettent pas en cause la pérennité des écosystèmes, imaginer un système clos, au sein duquel chaque élément se satisfait des autres éléments du système lui-même, sans apport d’intrants et sans rejets de déchets, voici quelques pistes de réflexion permaculturelle pour vos longues soirées d’hiver.

Décembre est le mois du repos physique pour le jardinier, qui profite de cette période hivernale pour faire l’inventaire de ses graines et créer ou repenser ses espaces de culture. Lorsque vous réaliserez sur papier le plan de votre futur potager, pensez aux associations favorables et défavorables (voir aussi à ce sujet l’article de Jacques Biston dans la rubrique « Potager bio »). En associant dans votre jardin des plantes qui se protègent entres elles, vous allez stimuler leur croissance, éloigner les parasites et prévenir des maladies (oïdium, mildiou…).

Choisir le voisinage en fonction de l’enracinement

Les légumes du jardin ont chacun leurs besoins nutritifs. On peut ainsi faire voisiner des plantes qui ont des profondeurs d’enracinement différentes, car elles ne se nourrissent pas des mêmes éléments. Exemple : l’association maïs, haricots (ou fèves) et courges est pratiquée depuis des siècles par les Amérindiens : les haricots ont des racines proches de la surface, celles du maïs s’enfoncent un peu plus profondément et celles des courges encore plus. Par ailleurs, les haricots (et les fèves) ont la capacité de fixer l’azote de l’air grâce à des bactéries présentes sur leurs racines et ils en font profiter les plantes qui les entourent (ils les nourrissent d’azote) lorsqu’ils meurent et se décomposent. Autre exemple : l’ail protège le fraisier du botrytis (pourriture grise) par ses sécrétions au niveau des racines (région de la rhizosphère).
A l’opposé, plantées côte à côte, les plantes qui ne s’aiment pas vont rapidement s’affaiblir et devenir des proies faciles pour les ravageurs. Par ailleurs, les bactéries et les champignons nuisibles se multiplient plus facilement dans les monocultures. Les cultures associées sont donc le meilleur moyen de protéger ses plantes naturellement, sans recours aux produits chimiques.

Légumes racines multicolores et filet de dinde au garam massala

Pour 4 à 5 personnes
Préparation : 20 minutes
Cuisson : 40 minutes

Ingrédients

Légumes racines multicolores et filet de dinde au garam massala
Légumes racines multicolores et filet de dinde au garam massala

Pour les frites de légumes de saison :
1kg de légumes racines (au choix) : potimarron, céleri rave, carottes, rutabagas, betteraves chiogga, panais, patate douce, navets, radis,… – 2 càs de thym frais – 1 càs d’huile de coco extra-vierge –
Fleur de sel

Pour les filets de dinde marinés :
600g de filets de dinde – 6cl d’huile d’olive – 3cl de tamari – 1 càs de garam massala* – 1 càc de sirop d’érable (facultatif)

Procédé
1. Mélangez l’huile d’olive, le tamari, le garam massala et le sirop d’érable dans un bol. Versez sur les filets de dinde coupés finement sur la longueur (5mm d’épaisseur).
2. Placez au four basse température (90 à 95°) pendant 40 minutes.
3. Epluchez les légumes racines, tranchez-les finement à la mandoline (ou au couteau), en fins bâtonnets.
4. Faites chauffez la graisse de coco dans une grande poêle et déposez-y les légumes. Laissez-les cuire 5 à 10 minutes, puis parsemez de thym et de fleur de sel.
5. Déposez sur chaque assiette un mix de légumes et un morceau de dinde saucé, laissé entier ou coupé en cubes.

*Les massala sont des mélanges d’épices séchées, originaires d’Inde. Vous pouvez varier les parfums de cette marinade à l’infini, en remplaçant le garam massala par d’autres curry en hiver (Coco, Tandoori, Madras, Benares, Colombo, Rasam masala,…) ou par des aromates frais au printemps (romarin, sarriette, hysope, sauge, origan,…). Autant de déclinaisons qui vous éviteront la monotonie en cuisine !