LA CURCUMINE – TRADITION AYURVEDIQUE ET RECHERCHE

5397

Par André Roux

Le curcuma fait partie de la pharmacopée des médecins pratiquant l’Ayurvéda, depuis près de 4000 ans. Et ce, pour les curcuminoïdes et la curcumine en particulier. C’est la molécule la plus exceptionnelle qui soit et celle qui a le plus de vertus.

La curcumine améliore l’activité enzymatique du tractus gastro-intestinal et est un anti-inflammatoire digestif et articulaire puissant. Elle a aussi une activité anti-oxydante et des vertus anticancéreuses que la recherche scientifique met en évidence.

Le curcuma est un « gingembre », famille dont il fait partie et avec lequel il est en synergie pour ses vertus. On l’appelle le « safran des Indes », en raison de la couleur jaune-orangé intense que présente son rhizome. C’est la partie que l’on utilise en cuisine et aussi en médecine ayurvédique, puisque les curcuminoïdes se trouvent dans ce rhizome. Ils sont au nombre de quatre dont la curcumine qui en représente environ 80%. Si la médecine indienne le reconnaît et l’emploie largement depuis longtemps, c’est bien sûr la recherche moderne qui en a détaillé les composants et les propriétés.

De l’intestin au cerveau

Un Indien consomme en moyenne entre 2 et 2,5 g de curcuma par jour. C’est LE remède de la muqueuse du gros intestin. Il faut penser au syndrome de l’intestin irritable (SII) qui touche, au moins, de 10 à 20% de la population occidentale, surtout des femmes. Mais la curcumine intervient aussi à l’étage de notre cerveau, en favorisant l’activité des cellules cérébrales qu’il protège de la dégénérescence (Alzheimer). Elle est également utilisée dans le traitement de graves états dépressifs. Et ceci sans aucun effet secondaire.

Disponibilité de la curcumine

La curcumine est très peu disponible dans l’organisme car le foie détruit une bonne partie de cette molécule dès son passage dans l’intestin. Encore une fois, c’est la tradition qui nous indique le moyen de pallier cet inconvénient. Cette tradition, c’est le curry, consommé depuis toujours par les Indiens. Et qu’est-ce que le curry, sinon un mélange de plusieurs épices dont le curcuma et le poivre.

Le cancer

Le cancer est devenu la première cause de mortalité dans les pays occidentaux. Or, des études scientifiques de plus en plus nombreuses mettent en avant le curcuma. On a, en effet, constaté que les 4 cancers les plus répandus en Occident (côlon, sein, prostate, poumon) sont jusqu’à 10 fois moins nombreux en Inde (le cancer de la prostate y est presque absent) où le curcuma fait largement partie de l’alimentation quotidienne. La curcumine intervient de plusieurs manières dans le cancer. Elle inhibe la prolifération tumorale, détruit certaines cellules cancéreuses, empêche la formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans la tumeur (néo-angiogenèse), empêche la transformation des cellules normales en cellules cancéreuses… Les études les plus nombreuses montrent que la curcumine améliore les traitements classiques du cancer (chimio et radio) !