L’après-COVID : Comment corriger nos déséquilibres alimentaires ? Comment continuer avec nos bonnes résolutions ?

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Par Virginie de Hamptinne

Et si le confinement avait existé pour booster notre santé, nous faire prendre conscience de notre rapport à la nourriture et sentir l’impact des aliments sur notre corps ? Une occasion sans précédent de nous améliorer ou de maintenir notre assiette saine, locale et bio. Certains excès en moins !

Le manque de temps pour certains, les journées interminables pour d’autres, les questionnements qui n’en finissent plus, le stress paralysant… Autant de raisons qui ont souvent modifié nos pratiques alimentaires pendant le confinement. Apéro bien arrosé, excès de fromages ou de charcuteries, œuf en chocolat parce qu’il faut terminer le paquet, ou encore plats transformés pour plus de facilité, même si clairement on a beaucoup plus cuisiné qu’à l’ordinaire.

Quand stress rime avec excès

Consommer des denrées « de réconfort » n’a rien d’étonnant, car elles ont un effet apaisant. Pourtant, les conséquences de ces changements alimentaires sur notre santé sont multiples : baisse d’énergie, de concentration, d’immunité ou encore sommeil perturbé. Malheureusement, nous n’associons pas ces phénomènes aux excès, car pour cela il faut s’arrêter et observer ce qui se passe dans notre corps. Nos agendas chargés ne nous permettent plus de prendre conscience de l’incidence d’une alimentation déséquilibrée sur notre santé. Et pourtant les effets sont bien réels !

1. Désamorcer la spirale du réconfort alimentaire

Cette sortie de confinement sera l’occasion pour certains d’enclencher un changement dans l’assiette. Comment ? En choisissant de manger des aliments qui nous énergisent  (augmenter l’apport en végétaux bio et locaux, consommer des aliments non-raffinés et non-transformés, s’hydrater en suffisance), dont on sent qu’ils nous font du bien, et OBSERVER ce qui se passe dans notre corps, au niveau du goût, de notre énergie, de notre sommeil ou de notre état mental. Attention, nous ne parlons pas de restriction ou de régime qui engendrent frustrations et effets yoyo ! Il s’agit de privilégier les ‘bons’ aliments qui chasseront les ‘mauvais’.

3. L’agriculture bio c’est bon pour la santé

Une grande étude avait démontré, pour la première fois en 2018, que manger bio réduirait le risque de certains cancers : les personnes dont l’alimentation était composée pour plus de moitié de produits bio, avaient 25% de moins de risques de développer un cancer. C’était encore plus marquant pour les cancers du sein post-ménopause :  moins 35% de risques, et les lymphomes (le cancer caractéristique des agriculteurs) : -moins 76%.

5. La cuisine, un retour au cœur de la maison

Nous sommes nombreux à avoir repris le chemin de la cuisine, à réorganiser notre environnement de travail, à restructurer nos armoires ou encore à nous désencombrer de l’inutile. Mais ces quelques semaines ont également permis un retour à des expériences culinaires rythmées par le temps : graines germées, yaourts maison, pain au levain…. Une cuisine vraie, familiale, savoureuse et riche en nutriments !

2. Perpétuer les bonnes résolutions

Si certains se reconnaîtront dans l’excès pendant cette période, d’autres auront choisi une série de mesures pour impacter l’assiette de manière positive. Les coopérations agricoles locales ont répondu présentes en force et avec succès à une demande exponentielle de fruits et légumes. Nous avons aujourd’hui une mission importante en sortant de ce confinement : continuer à nous réapprovisionner chez les producteurs locaux. Non-seulement pour des intérêts climatiques et socio-économiques, mais aussi parce qu’il y a une réelle valeur nutritionnelle à consommer des aliments non-traités et fraîchement cueillis !  

4. Consommer local, pas un slogan, mais du bon sens !

Il existe de nombreuses bonnes raisons de consommer local et de saison : préserver l’environnement, soutenir l’économie locale,économiser (les produits de saison sont disponibles abondamment à des prix plus avantageux) et préserver sa santé (le transport et le stockage des aliments altèrent la teneur en nutriments).

« La production alimentaire mondiale menace la stabilité climatique et la résilience des écosystèmes. Elle constitue le principal facteur de dégradation de l’environnement et de la transgression des limites planétaires. Pris ensemble, le résultat est désastreux. Il est urgent de transformer radicalement le système alimentaire mondial. Sans action, le monde risque de ne pas atteindre les objectifs de développement durable des Nations Unies et l’Accord de Paris pour le Climat. »

Le Prof. Johan Rockström (Potsdam Institute for Climate Impact Research & Stockholm Resilience Centre) déclarait dans le rapport de la commission Eat Lancet en 2019 

Petit outil pour se débarrasser des grignotages

En vivant des moments de stress, nous sommes nombreux à penser que c’est en mangeant que l’apaisement viendra. Or manger ne changera rien à la situation non-désirée. Voici un outil pour amorcer un changement et ancrer une nouvelle habitude. Chaque fois qu’un moment de stress apparaît, raccrochez-vous à l’image inspirante que vous aurez créée à la troisième étape de l’exercice.

Etape 1 – décrire avec précision la dernière fois où vous avez mangé beaucoup d’un coup, ou sans pouvoir vous arrêter. Comme une caméra, observez et nommez ce qui se passe : que voyez-vous, qu’entendez-vous, quelles sont les odeurs, qui est là, où êtes-vous ?

Etape 2 – noter les émotions associées à ce moment : quelles sont vos frustrations, vos ressentis corporels, vos pensées ?

Etape 3 – quitter la tête et le mental et se créer un espace de joie, imaginaire, créatif, curieux : imaginez et décrivez avec précision la situation idéale, désirée, son contexte, comment cela se passe, ce que vous faites, ce que vous pensez, vos émotions associées. Si la visualisation est difficile pour certains, vous pouvez trouver des images inspirantes pour apprendre à le faire.

Pourquoi privilégier le pain au levain ?

Le levain, qui s’obtient par fermentation de la farine, fait lever le pain lentement (à l’inverse de la levure industrielle). Les bactéries du levain libèrent des acides qui confèrent au pain son goût acidulé. Cette acidité active des enzymes, rend les minéraux de la farine biodisponibles et amorce la dégradation du gluten pour favoriser sa digestion.

Les atouts des graines germées

Au-delà des saveurs subtiles et du croquant, elles apportent de la fraîcheur à nos salades, car elles sont produites à la maison. Un atout de taille quand on sait que l’acheminement et le stockage de végétaux dans le frigo impactent la teneur de certains nutriments. Les graines germées apportent plus de digestibilité, sont riches en vitamines/minéraux/protéines, et ont une capacité anti-oxydante importante !

À LIRE :  Quand l’alimentation nous bouffe la vie, Apprendre à manger avec plaisir et en pleine conscience pour se libérer des kilos émotionnels, de Chine Lanzemann et Gabrielle Tamas, Editions Eyrolles, 2019

L’après-COVID ne sera plus comme avant. A nous de jouer maintenant. Consommer des aliments sains, issus de productions durables, pour aiguiser nos papilles, équilibrer nos sensations, renforcer nos performances et manger avec cohérence.